Jusqu’à 50 % des joueurs réguliers développent une douleur au coude au cours de leur pratique, souvent à cause d’un mauvais choix de raquette ou d’une technique imparfaite. Changer simplement de grip ou ajuster la tension des cordes peut faire toute la différence, même chez les sportifs expérimentés. Certains matériaux, réputés plus performants, augmentent paradoxalement le risque de blessure. Des solutions existent, validées par la médecine du sport, pour limiter l’apparition de ce trouble musculo-tendineux et préserver la pratique sur le long terme.
Le tennis elbow : comprendre cette blessure fréquente chez les joueurs
Le tennis elbow n’a pas de cible privilégiée. Amateur du dimanche ou passionné qui écume les tournois, personne n’est vraiment à l’abri. Cette affection, nommée épicondylite latérale, s’attaque aux tendons de l’avant-bras là où les gestes mécaniques et répétitifs s’accumulent. Elle accompagne le quotidien de nombreux joueurs, qu’ils préfèrent la terre battue ou le terrain de padel.
La blessure se glisse dans la routine. Avec les entraînements répétés, chaque coup mal exécuté ou matériel inadéquat vient ajouter son grain de sable. Peu à peu, la douleur s’installe, plus sournoise qu’on ne le croit, jusqu’à se rappeler à vous dans les mouvements les plus banals.
Que l’on pratique le tennis, le padel ou qu’on transmet sa passion en tant qu’enseignant, l’épicondylalgie ne fait pas le tri. Elle touche autant le compétiteur acharné que l’amateur assidu, surtout quand le matériel change ou que les heures sur le court s’accumulent. Les statistiques parlent d’elles-mêmes : près d’un joueur régulier sur deux connaît un épisode douloureux au coude au fil de sa progression.
Bien plus qu’une gêne passagère, le tennis elbow force à reconsidérer sa pratique. Quand la douleur impose sa loi, c’est un rappel direct du corps, qui finit toujours par demander son dû face à l’accumulation des efforts mal gérés.
Quels signes doivent vous alerter ? Reconnaître les symptômes à temps
Les signaux d’alerte apparaissent sans fracas. Une tension sur la face externe du coude, une raideur matinale en attrapant une bouteille, et soudain, sur le court, chaque revers devient pénible. Même une simple poignée de main trahit la douleur, comme si quelque chose s’était déréglé sans bruit.
Le repère le plus fiable ? Une douleur bien localisée sur l’épicondyle latéral, la petite bosse osseuse sur le côté du coude. Elle se manifeste lors des gestes d’extension, mais parfois aussi en dehors du jeu. Certains ressentent leur main moins solide, la prise moins sûre, et la zone devient sensible au toucher, parfois légèrement gonflée.
Pour repérer une atteinte à temps, voici les symptômes à surveiller de près :
- Douleur à la face externe du coude, accentuée par la prise ou la rotation
- Diminution de la force de préhension dans la main
- Sensibilité du tendon au contact
- Douleurs qui persistent la nuit ou au réveil, même au repos
Repérer ces signes en amont, c’est s’offrir la possibilité de réagir avant que le problème ne s’installe durablement. Il ne s’agit pas seulement de performance, mais de préserver le plaisir de jouer, match après match.
Prévenir le tennis elbow : conseils pratiques et habitudes à adopter
Pour éviter que la douleur ne s’invite, la prévention doit s’inscrire dans chaque routine. Cela commence avant même la première balle, par un échauffement minutieux : quelques minutes pour activer l’avant-bras, mobiliser l’articulation, préparer le terrain et limiter les chocs.
Les étirements dynamiques ciblant les extenseurs du poignet, complétés par des rotations du bras, forment une première barrière. Mais la vigilance se poursuit sur le court : privilégier la précision du geste, affiner la technique plutôt que de forcer sur la puissance. Un entraîneur attentif saura corriger ces automatismes discrets qui, répétés, finissent par fragiliser le coude.
Un autre atout : renforcer les muscles de l’avant-bras, du poignet et de l’épaule, en dehors des matchs. Ce travail complémentaire limite la répétition des blessures. Récupérer entre chaque session fait aussi partie de la stratégie : alterner phases d’effort et de repos donne aux tendons le temps de s’adapter sans s’épuiser.
Pour intégrer ces bonnes pratiques dans votre routine, quelques leviers s’imposent :
- Un échauffement ciblé avant chaque séance
- Des exercices de renforcement pour l’avant-bras et le poignet
- Un travail technique guidé par un professionnel
- Des temps de récupération réguliers intégrés au planning
Adopter ces réflexes, c’est choisir de durer sur les courts, sans sacrifier la santé à la recherche de performance immédiate.
Bien choisir sa raquette et son équipement pour protéger son coude
Le matériel n’est jamais anodin quand il s’agit de ménager son coude. Poids, équilibre, rigidité : chaque détail compte dans la transmission des vibrations. Une raquette plus lourde absorbe mieux les chocs, mais il faut savoir doser. À l’inverse, un modèle trop léger pousse le bras à compenser, exposant le coude à des tensions inutiles.
Le cordage occupe aussi une place centrale. Un tamis élargi, une tension adaptée : ces réglages modèrent la pression sur l’articulation. Certains modèles, équipés de systèmes anti-vibrations comme ceux de la gamme ProKennex Kinetic, sont appréciés des joueurs sujets à l’épicondylite pour leur capacité à amortir les micro-chocs accumulés à chaque frappe.
Certains accessoires apportent un soutien temporaire. Une coudière ou un bracelet elbow peuvent alléger la reprise ou les périodes à risque. Leur efficacité reste limitée si le matériel n’est pas cohérent, mais ils offrent parfois le répit nécessaire pour récupérer ses sensations.
Un choix souvent négligé : la qualité des balles de tennis. Des balles neuves et bien pressurisées garantissent un rebond constant et ménagent l’articulation. À l’inverse, des balles usées ou trop dures accentuent la contrainte sur le coude. Sur chaque match, le moindre détail compte pour continuer à jouer sans interruption indésirable.
Entre chaque point, sur la ligne de fond, on mesure vite ce qui fait la différence : la vigilance portée à l’équipement et à soi-même trace la frontière entre le plaisir prolongé et la saison écourtée.

